La profession de diététicien et diététicienne
Souvent perçus, à tort, comme des professionnels du bien-être, les diététiciens et diététiciennes sont en réalité des professionnels de santé.
Plus précisément, ils appartiennent à la catégorie des auxiliaires médicaux de rééducation, au même titre que les masseurs-kinésithérapeutes, les orthophonistes, les orthoptistes, les pédicures-podologues, les psychomotriciens et les ergothérapeutes.
En tant qu’experts de la diététique et de la nutrition, ils apportent leurs compétences dans différents secteurs.
Définition et réglementation du métier

La profession est réglementée et sa définition est inscrite dans le 4e partie (Professions de santé) du Code de la santé publique (Article L4371-1) :
« Est considérée comme exerçant la profession de diététicien toute personne qui, habituellement, dispense des conseils nutritionnels et, sur prescription médicale, participe à l’éducation et à la rééducation nutritionnelle des patients atteints de troubles du métabolisme ou de l’alimentation, par l’établissement d’un bilan diététique personnalisé et une éducation diététique adaptée.
Les diététiciens contribuent à la définition, à l’évaluation et au contrôle de la qualité de l’alimentation servie en collectivité, ainsi qu’aux activités de prévention en santé publique relevant du champ de la nutrition. »

L’usage du titre de « diététicien » et « diététicienne » est protégé par l’article L4372-2 du Code la santé publique :
« L’usage sans droit de la qualité de diététicien ou d’un diplôme, certificat ou autre titre légalement requis pour l’exercice de cette profession est puni comme le délit d’usurpation de titre prévu à l’article 433-17 du code pénal.
Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent l’amende prévue à l’article 433-17 du code pénal suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du même code, ainsi que les peines prévues aux 2° à 4° de l’article 433-25 du même code. »


En plus du titre, l’exercice de la profession est également protégée par le Code de la santé publique :
• Article L4371-2 : « Seules peuvent exercer la profession de diététicien les personnes titulaires des diplômes, des certificats ou des titres mentionnés à l’article L. 4371-3 ou titulaires de l’autorisation prévue à l’article L. 4371-4 ou mentionnées à l’article L. 4371-7. L’intéressé porte le titre professionnel de diététicien, accompagné ou non d’un qualificatif. »
• Article L4372-1 : « L’exercice illégal de la profession de diététicien est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende. »
Liste (non exhaustive) des activités de la profession de diététicien et diététicienne
• Prise en soin diététique des patients bien-portants ou atteints de pathologies
• Contrôle de l’hygiène en restauration collective
• Élaboration des menus pour les collectivités
• Conception et animation d’ateliers (prévention, ETP…)
• Rédaction d’articles d’information nutritionnelle
• Consulting auprès des entreprises et autres organisations
• Promotion et conseil commercial sur les produits alimentaires et nutritionnels
• Création et développement de produits alimentaires et nutritionnels
• Formation continue des diététiciens/diététiciennes et autres professionnels de santé
• Enseignement auprès des étudiants professionnels de santé
• Participation à la recherche en santé publique
• Conduite de projets de recherche en soins paramédicaux
Les différents secteurs d'exercice

Établissements hospitaliers et médico-sociaux
CH, clinique, CHU, SMR, EHPAD, EAM… les diététiciens et diététiciennes sont présents pour assurer la prise en soin nutritionnel des patients/résidents et participer aux programmes d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP).
Ils ont également un rôle auprès de la restauration dans l’élaboration des menus et le contrôle-qualité sur le plan de l’hygiène et de la qualité nutritionnelle.

Prestataires de Soins à Domicile (PSAD)
Au sein des PSAD, les diététiciens et diététiciennes assurent à la prise en soin nutritionnel des patients ayant des dispositifs médicaux à domicile (nutrition entérale, nutrition parentérale, insulinothérapie par pompe, …)
Ils peuvent également avoir un rôle de conseil commercial auprès des établissements de santé.

Établissements de restauration collective / Collectivités territoriales
En restauration collective et collectivités territoriales, les diététiciens et diététiciennes s’assurent du respect de la réglementation en matière d’hygiène alimentaire, élaborent les menus et veillent plus globalement à la qualité nutritionnelle des repas servis, tout en prenant en compte différents critères : cahier des charges, alimentation durable…
Ils peuvent également participer à la supervision et au management de la production, et mener différentes actions de prévention auprès du public.

Industrie agroalimentaire et pharmaceutique
Les diététiciens et diététiciennes au sein des industries agroalimentaires et pharmaceutiques participent à la création et au développement des produits alimentaires et nutritionnels, ainsi qu’au conseil commercial auprès des clients.
Ils peuvent également avoir des missions de contrôle-qualité.

Structure de santé publique
Au sein des associations de prévention santé, les diététiciens et diététiciennes peuvent coordonner et concevoir des programmes de prévention, ainsi qu’animer des ateliers dans le champ de la diététique et la nutrition.
Au sein des établissements publics tels que l’ANSES, ils participent à différents travaux menés dans le champ de la diététique et de la nutrition.

Recherche
Les diététiciens et diététiciennes peuvent apporter leur expertise au sein d’études épidémiologiques dans le domaine de l’alimentation.
Ils peuvent également mener des projets de recherche paramédicale afin de mesurer et améliorer l’efficacité de la prise en soin nutritionnel.

Enseignement / Formation
Que ce soit auprès des étudiants et étudiantes en diététique ou dans d’autres domaines, les diététiciens et diététiciennes jouent un rôle important dans la formation initiale.
Ils peuvent également former les autres diététiciens et diététiciennes et professionnels de santé dans le cadre de la formation continue.

Création de contenu
Secteur en pleine expansion, de plus en plus de diététiciens et diététiciennes créent du contenus dans le domaine de la diététique et la nutrition.
La création de contenus peut prendre différents aspects : articles, podcasts, vidéos, publications sur les réseaux sociaux, etc.

Cabinet libéral
Les diététiciens et diététiciennes peuvent également s’installer en libéral.
Ils reçoivent alors des patients bien-portants ou atteints de pathologies dans un but de prévention ou de soin nutritionnels.
Ils peuvent également proposer leurs services à d’autres structures (consulting, animation d’atelier…).
Les études pour devenir diététicien ou diététicienne
Deux diplômes permettent de porter le titre de « diététicien » ou « diététicienne » et d’exercer la profession sur le territoire français :
• Le Brevet de Technicien Supérieur (BTS) Diététique et Nutrition
• Le Bachelor Universitaire de technologie (BUT) Génie Biologique, parcours Diététique et Nutrition
Le programme des études est varié et comprend de nombreuses disciplines : biochimie, physiologie, physiopathologie, diététique thérapeutique, santé publique, sciences des aliments, nutrition…
Le BTS Diététique
et Nutrition
• Durée des études : 2 ans
• Niveau RNCP : 5 (bac+2)
• Lieu d’enseignement : lycée, CFA, CNED, CCI, CMA ou école privée
• Stages : 20 semaines, dont 4 en restauration collective, 6 en santé publique, 10 en secteur thérapeutique
• Type d’examen : examen final national (diplôme contrôlé par l’État)
• Nombres d’heures de formation : 1 650 heures + 700 heures de stages = 2 350 heures
Le BUT Génie Biologique, parcours Diététique et Nutrition
• Durée des études : 3 ans
• Niveau RNCP : 6 (bac+3)
• Lieu d’enseignement : Institut Universitaire de Technologie (IUT)
• Stages : 24 à 32 semaines, dont minimum 2 en restauration collective et minimum 12 en secteur thérapeutique
• Type d’examen : contrôle continu organisé par l’IUT (diplôme contrôlé par l’État)
• Nombres d’heures de formation : 2 600 heures + 840 à 1 120 heures de stages = 3 440 à 3 720 heures
Nutritionniste ?
Le titre « Nutritionniste » seul n’est pas réglementé. N’importe qui est malheureusement en droit de l’utiliser.
Le médecin nutritionniste est un professionnel de santé médical.
Son rôle est d’assurer le diagnostic et le suivi médical du patient atteint d’une pathologie nutritionnelle.
Pour cela, il peut prescrire des examens ainsi que mettre en place un traitement médicamenteux, ou non médicamenteux (prescription de kinésithérapie, prescription d’acte diététique…).
La diététicienne nutritionniste ou le diététicien nutritionniste est un professionnel de santé paramédical du domaine de la rééducation.
Contrairement aux médecins nutritionnistes, son rôle n’est pas centré sur le diagnostic et le suivi de la pathologie, mais sur l’éducation et la rééducation nutritionnelles du patient.
Le prise en soin diététique est donc axée sur les repas et le comportement alimentaire afin que le patient puisse adapter son alimentation à son état de santé (physiologique ou pathologique), mais également à son mode de vie, ses goûts, sa culture, et sa situation socio-économique.
Ces professions ne disposent d’aucune réglementation. Toute personne, même sans diplôme, peut revendiquer exercer ces métiers.
Cependant, elles n’ont légalement pas le droit de dispenser des conseils nutritionnels, de réaliser des bilans diététiques, ou encore de pratiquer de l’éducation ou de la rééducation nutritionnelles.
Leur rôle est limité à transmettre les recommandations générales pour la population en bonne santé (recommandations du PNNS).
La profession de diététicienne et diététicien, c'est aussi :
Des rémunérations très hétérogènes
Des différences allant jusqu’à 500 euros nets entre différents secteurs pour des diététiciens et diététiciennes de même ancienneté.
Deux diplômes de niveau différent
Un diplôme de niveau bac+2 (BTS) et un diplôme de niveau bac+3 (BUT) pour des compétences équivalentes, menaçant la crédibilité de la profession et l’embauche de certains diplômés.
Un exercice illégal important
Très peu de contrôles et de sanctions concernant l’exercice illégal de profession, pourtant mentionnée dans le Code de la santé publique.
Un manque de reconnaissance
Assimilés trop fréquemment à de simples « amaigrissologues », notre expertise pointue en diététique et nutrition reste souvent ignorée.
Diététiciennes, diététiciens, c’est le moment de s’unir pour faire bouger les choses !
Le Syndicat National des Diététiciens (SND) œuvre pour défendre les droits et les intérêts de la profession.